Description
Bien sûr, il y a un clin d’œil à Alphonse Daudet dans ce recueil de onze nouvelles qui s’inscrivent dans un terroir régional bien défini, le Béarn de l’Entre-deux-gaves, dans le Piémont pyrénéen, certes éloigné de la Provence chère au cher Alphonse. Et puis, le moulin est ici un moulin à eau, et non à vent. Mais l’essentiel reste : ces nouvelles sont des courts récits dont les personnages sont les archétypes des sociétés paysannes traditionnelles. On trouve ainsi le valet de ferme, l’évêque ou le curé, le paysan madré, le jeune soldat rentrant de son service, le meunier plus ou moins honnête, le paria, l' »innocent ».
Les nouvelles, souvent piquantes, parfois tragiques, prennent leur source dans l’histoire régionale en en faisant ressortir ce qu’elle a de plus singulier : unt Etat resté longtemps indépendant, marqué par les guerres de religion et les guerres napoléoniennes,…
Mais les sentiments, eux, qu’ils soient nobles ou sordides, sont universels. Et ce n’est pas parce que certaines de ces histoires ont la tonalité d’un conte et une dimension moraliste et humaniste assumée qu’elles sont définitivement marquées par la caricature et exemptes de subtilité. La superstition y côtoie le scepticisme ; la vertu, les petites compromissions ; la grandeur d’âme, la rouerie et la bêtise… le tout parfois dans le même individu dans une description nuancée de l’âme humaine.