Le trésor d’Odon le Poilu

20,00

Laurent Frontère
Editions Bretzel
48 pages
30 x 20 cm
20 euros
ISBN 978-2-9530405-5-5

UGS : 978-2-9530405-5-5 Catégories : , ,

Description

Montestrucq vue générale

  INSPIRÉ par les chroniqueurs anciens – Tiber de Montaner, Grégoire de Comminges, Jehan Froissart, Agobard de Lyon –, Laurent Frontère vous raconte l’histoire authentique et véritable de Montestrucq – l’antique Mons etruscum –, petit village situé dans le piémont Pyrénéen, et de son trésor, celui d’Odon le Poilu. Devenu gendre d’Amalaric le roi wisigoth, dont il était un des lieutenant, après son mariage avec sa fille, la douce Maurigène, ce solide gaillard mettra la main sur le fameux trésor d’Alaric, ou ce qu’il en restait, après la défaite de son beau-père devant Narbonne, en 531, face à Childebert, le fils de l’infâme Clovis – on ne peut apprécier ce lourdaud inculte et brutal dans le sud de la France. Puis Odon le transportera à dos de mules sur le versant atlantique des Pyrénées, jusqu’à Montestrucq où il érigera une puissante forteresse.

  Ces lieux estimables connurent une florissante colonie étrusque, l’empreinte des Wisigoths, les raids des Vikings et des Maures et de nombreuses querelles religieuses. Le récit s’arrête sous le règne de Gaston Fébus, lorsqu’on perd toute trace du trésor…

  Le trésor d’Odon passe ainsi de génération en génération, à peine entâmé par ses héritiers successifs. Le récit s’arrête sous le règne de Gaston Fébus au cours duquel on perd toute trace du trésor…

  Peut-être, armé d’une pioche et d’un détecteur de métaux, pourriez-vous partir, vous aussi, à sa recherche ? On ne sait jamais ! Et puis, ce serait une bonne occasion de prendre l’air…

  Voici, pour commencer, un utile résumé de la généalogie des rois wisigoths :

Généalogie des rois wisigoths

 

  Et voici un témoignage de l’occupation étrusque (avant les destructions opérées par l’odieux Zuchilon, fils de notre bienaimé Odon) :

Montestrucq du temps des Etrusques

  On reconnaîtra au loin la chaîne des Pyrénées, avec le Petit Gabizos et le Pic d’Anie…

  En dessous, Odon le Poilu, âgé, est très affairé à déterrer les blaireaux qui ruinent sa palissade :

Déterrage des blaireaux par Odon le Poilu

  Enfin, pour terminer, un document exceptionnel, une carte du début du XIXe siècle délimitant le tracé de l’ancienne place forte d’Odon le Poilu, laquelle a marqué de son empreinte la toponymie locale :

Montestrucq du temps des Etrusques

  Le visiteur attentif pourra observer qu’il demeure encore aujourd’hui des traces bien visibles de la levée de terre de la place forte d’Odon. Selon la tradition orale, la casematte dans laquelle a été conservé le trésor pendant plus de huit siècles devait se trouver non loin de la maison Latou – ancienne résidence d’Odon -, près du château d’eau actuel.

Ainsi commence le récit du Trésor d’Odon le Poilu

  Montestrucq est un très beau village. J’en sais quelque chose, j’y habite. Si ce n’est pas le plus beau de tous les villages, du moins n’est-il pas bien loin sur la liste. Ce joyau est situé au cœur du Béarn, à huit kilomètres au sud d’Orthez, sur un promontoire qui offre une splendide vue sur les Pyrénées – sauf les jours de mauvais temps, qui sont rares. L’air y est léger, frais l’été, doux l’hiver, sûrement à cause du Gulf Stream. On n’est pas importuné par une industrialisation excessive. À l’entour, il n’y a pas non plus la moindre zone commerciale qui serait une offense au bon goût. Parfois, simplement, à la belle saison, on peut entendre le bruit discret d’un paysan qui fauche un talus, ou le chant d’un geai qui s’agace.

  Le village possède deux chefs-d’œuvre de l’architecture béarnaise : l’église, avec son clocher en forme de casque teuton et dont la taille humble est un repos pour le touriste habitué des cathédrales m’as-tu-vu au gothique flamboyant, et le château d’eau, bijou de l’architecture civile avec sa silhouette de tour de jeu d’échecs. Ces deux monuments dispensent aux habitants leurs bienfaits : l’un étanche le besoin de spiritualité, l’autre la soif des corps. Tout autour du bourg, une levée de terre est le vestige de la palissade d’une place forte féodale. Mais, somme toute, un voyageur bougon et blasé ne verrait rien d’exceptionnel dans cette urbanisation modeste d’une humble colline béarnaise.

Tour de France

  Certes, le Tour de France est passé sur le territoire de la commune en 2010 et certains prétendent que Nicole Croisille aurait fait ici un bref séjour au cours de l’été 1959, mais c’est plutôt dans l’histoire de ce lieu que l’on trouvera quelques motifs légitimes d’émerveillement.

Cavernicole Montestrucq

  Les premières traces de l’Homme en ce lieu sont encore sans grand éclat : des haches polies datant du Néolithique ont été trouvées qui attestent d’une occupation fort ancienne. Des dépôts coquilliers indiquent la grande consommation que ces hommes rudes, excellents chasseurs, faisaient des gastéropodes. Ici, pas de grotte ornée qui aurait été la marque d’une certaine oisiveté, car homo habilis montestrucquii préfère développer son génie lapidaire et cynégétique, moins décoratif mais autrement plus utile lorsqu’il s’agit de remplir sa panse. Du reste, la géologie est ici un peu pingre et n’offre pas ce type d’abris, orgueil du Périgord et du Lot, permettant une protection à bon compte vis-à-vis des intempéries et offrant de larges panneaux de calcaire à l’expression picturale.

  Pour l’amateur d’ésotérisme, signalons qu’il doit bien y avoir, là, dans le sous-sol, un croisement de courants telluriques et un magnétisme dont les anomalies perturbent quelque temps le vol des grues dans leur migration ; à moins que ces errements aviaires ne soient plus prosaïquement dus à des courants d’air ascendants permettant à ces bruyants volatiles de prendre un temps de repos bienvenu au-dessus d’affleurements rocheux chauffés par le soleil.

  Nous arrivons maintenant à un patrimoine bien plus exceptionnel et admirable : vers le sixième siècle avant notre ère, des Étrusques s’établissent là, ce dont le nom du village, l’antique Mons etruscum, a gardé le souvenir. Ces cousins des Grecs venus d’Étrurie en passant par Palavas développent dans ce terroir généreux une civilisation originale et joyeuse : leurs déplacements sont considérablement accélérés par l’utilisation de véritables cycles rappelant les anciennes draisiennes. Deux roues de bronze avec une bande de roulement en écorce de tilleul, un cadre robuste en cornouiller et frêne, une selle en osier, un dispositif réflecteur en bronze poli permettant de surveiller la circulation dans le sens opposé à la marche sans risquer malencontreusement de verser sur le bas-côté ; l’essentiel est là, même si ces Étrusques semblent encore ignorer l’usage du pédalier. Les draisiennes se déplacent à grande vitesse sur des pistes cyclables dallées spécialement aménagées, des fouilles anciennes en attestent. Les chutes sont fréquentes si l’on s’en réfère aux traces de fractures omniprésentes sur les quelques squelettes dont on a retrouvé les sépultures.

Coupe étrusque Myrgys

  Outre les restes d’un de ces engins merveilleux, de très nombreux objets ont été exhumés, pour la plupart en terre cuite vernissée, et donc, malheureusement, ébréchés : cratères, urnes biconiques, cendriers, fibules et bagues en métal doré, vide-poches en onyx, ainsi que la célèbre coupe de Myrgys. Cet objet se trouve actuellement annexé au musée de Saint-Germain-en-Laye, comme la dame à la capuche de Brassempouy, du fait d’une manie centralisatrice bien parisienne. Ce chef-d’œuvre, ouvrage d’un maître de grand talent, est sans doute la première représentation d’une course cycliste : six Étrusques barbus et souriants, montés sur leur véhicule, s’y poursuivent l’un derrière l’autre en faisant indéfiniment le tour de l’objet.