Les Lettres espiègles de deux jeunes nobles désoeuvrés à la veille de la Révolution

18,00

Caillot Duval
(pseudonyme de messieurs Alphonse de Fortia de Piles et Louis Boisgelin de Kerdu)
Editions Bretzel
282 pages
14 x 20,5 cm
18 euros,
ISBN 978-2-9551648-2-2

UGS : 978-2-9551648-2-2 Catégories : , , , ,

Description

– réédition commentée de l’édition de 1795 –

  En 1785, deux jeunes nobles pleins d’esprit, lieutenants du régiment du Roi, le comte de Fortia de Piles et le chevalier Boisgelin de Kerdu, s’ennuient ferme à Nancy. De leur désoeuvrement naîtront cent-vingt lettres écrites sous le pseudonyme de Caillot Duval.

  Maniant la flatterie et l’invective, les deux comparses entendent piéger la crédulité et la fatuité de leurs correspondants. Hommes de lettres, maîtres confiseurs, bottier, mère maquerelle, lieutenant de police, actrice de la Comédie, adeptes du magnétisme et du somnambulisme seront tour-à-tour victimes de leurs farces de potache.

  Ces lettres connaîtront une première édition en 1795, au lendemain de la terreur, par les soins d’Alphonse Fortia de Piles, rentré d’exil après la chute de Robespierre, alors que son compagnon Boisgelin de Kerdu reste prudemment à l’étranger – deux de ses frères se sont fait raccourcir.

  En 1864, puis en 1901, l’érudit Lorédan Larchey dévoile dans deux éditions ultérieures l’identité des auteurs de la supercherie, sous le titre Les mystifications de Caillot Duval. Il ne reprend que quarante-six lettres en les classant par destinataire.

  La présente édition reprend, elle, l’intégralité de la correspondance, par destinataire, avec les éclaircissements que Lorédan Larchey apporte dans la préface de sa seconde édition, et ceux de l’édition originale. On trouvera également d’utiles éclaircissements dans divers documents et une postface de Laurent Frontère intitulée Autopsie d’une mystification. Le lecteur pourra convenir que les deux compères et leur entourage sont des maîtres de la mystification et de l’enfumage : on peut ne pas prendre pour argent comptant l’histoire qui nous est servie, mais à présent, les pièces à conviction ont disparu. Une part de mystère demeure et il appartiendra au lecteur de se forger une opinion sur la question.

  Sous le pseudonyme de Caillot Duval se cachent deux nobles, lieutenants du régiment du Roi, encasernés à Nancy pendant l’hiver 1785 et que le désoeuvrement a poussé à imaginer le canular qui assurera leur postérité : le comte Alphonse Fortia de Piles et le chevalier Louis Boisgelin de Kerdu. Signalons ici qu’ils ont un complice, sensiblement plus âgé, en l’occurrence François Jourgniac de Saint-Méard ; en outre, Alexandre Grimod de la Reynière, célébré aujourd’hui comme critique gastronomique, fait partie de ce même cercle de joyeux farceurs. Ces gens sont il est vrai assez coupés des dures réalités quotidiennes qui sont le lot commun de la plupart de leurs concitoyens.

  La Révolution leur tombera dessus, avec ses épisodes les plus atrocement barbares, les laissant désemparés et traumatisés à vie ; d’autres parmi leurs proches y ont laissé leur tête.

  Nous nous contenterons ici de donner des éléments biographiques relatifs aux seuls auteurs, pour une bonne partie inspirés par wikipedia, renvoyant le lecteur à notre ouvrage pour plus de détails.

Alphonse Fortia de Piles

  Alphonse Toussaint Joseph André Marie duc de Fortia comte de Piles (Marseille, 1758 – Sisteron, 1826) a publié une cinquantaine d’ouvrages et de pièces musicales, parfois très sérieux, parfois aussi très acerbes, parmi lesquels il semble que l’on retiendra au premier chef la Correspondance philosophique, polissonnerie qu’il a écrite avec un complice, et sous un pseudonyme. La renommée prend parfois de curieux chemins de traverse !

  Son père, Alphonse Toussaint de Fortia (1735-1791), calculateur prodige, semble bien avoir eu quelques symptômes de l’autisme et n’aura pas le temps de succéder au grand-père Toussaint Alphonse (1714-1801), procureur viguier royal de Marseille, charge héréditaire dont doit hériter le jeune Alphonse. En attendant que la chose advienne, il entre au service dans les chevau-légers de la garde du roi et est nommé lieutenant, un gentilhomme étant obligé de porter l’épée pour devenir chevalier de Saint-Louis. Paul Lacroix prétend que, par oisiveté, dans ses quartiers nancéiens, s’éloignant inexorablement de ses camarades par ses goûts studieux et artistiques (dans ces années, il compose quelques sonates et fait représenter quatre opéras de sa composition), il s’essaie à la mystification en s’exerçant sur les officiers de son régiment. Mais ces mystifications lui auraient valu plusieurs duels, ainsi que quelques blessures ; c’est pourquoi « il chercha un théâtre plus vaste pour mettre en scène ses fantaisies goguenardes ». Lacroix décrit, non sans quelque contradiction, un personnage solitaire, aigri, misanthrope et impulsif, mais aussi, pince sans rire et flegmatique. On peut affirmer sans trop de risque, au vu des déclarations d’intention de Caillot Duval, que Fortia de Piles est animé d’un sentiment de supériorité bien aristocratique par rapport à ses contemporains qu’il juge prompts à la satisfaction d’eux-mêmes et d’une crédulité crasse. Dès 1785, plus porté vers la musique et la littérature que vers les armes, il publie, avec la complicité de Boisgelin de Kerdu, un pamphlet contre le mesmérisme, sous la forme de lettres canulars, Mesmer étant considéré, avec son baquet octogonal, comme un vulgaire charlatan et les disciples du magnétisme et du somnambulisme (on dirait hypnose), comme des imbéciles trop crédules. Suit alors la Correspondance philosophique de Caillot Duval, toujours avec le même complice. La sympathie des deux hommes est avérée puisqu’ils voyageront en bons compagnons pendant deux années d’exil. Cette sympathie est naturelle : les deux hommes sont chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et francs-maçons ; ils sont cultivés, ont tous les deux des attaches aixoises. Précisément, en 1786, le Marseillais Fortia de Piles se marie, par convenance, avec une demoiselle de Cabre de Roquevaire, fille d’un président à mortiers au parlement d’Aix — Les ignorants seront heureux d’apprendre que le mortier en question désigne le couvre-chef qui les distinguent du vulgaire.

  Fortia de Piles a été radié des cadres en octobre 1788, tandis que Boisgelin en fait partie sans doute jusqu’en 1790, date d’une insurrection militaire à Nancy. La Révolution l’aurait dépossédé de ses biens. Avec son complice Boisgelin, il est poussé à l’exil. D’août 1790 à la mi-1792, ils effectuent ainsi un long voyage en Europe du Nord et de l’Est. En 1792, Fortia de Piles rentre en France, à Marseille où il est un temps incarcéré. Relâché, il publie la Correspondance philosophique et écrit pour s’assurer quelques ressources. Le Voyage de deux Français au Nord de l’Europe, en Allemagne, Danemark, Russie, Suède et Pologne est publié, en 5 volumes, l’année 1796. On y trouve une relation précise et sérieuse qui tranche avec les plaisanteries habituelles de Caillot Duval. Par la suite, Fortia de Piles publiera nombre d’ouvrages polémiques et dénonciations en tout genre, en particulier contre les Jacobins, Napoléon, la bibliographie Michaud ou la géographie universelle de Guthrie, ainsi que des recueils d’anecdotes comme Omniana, extrait des archives de la société des Gobe-mouches (1808). À partir de 1808, quelques ouvrages sont publiés en collaboration avec un certain Gabriel Augustin Guys de Saint-Charles (1758-?), camarade d’enfance de La Reynière, un des fils de Pierre Augustin Guys (1720-1799), écrivain reconnu et ami des Chénier.

  Fortia de Piles se signale aussi par ses positions ultra-royaliste. Il a hérité en 1801 du titre de duc de Fortia, de Toussaint Alphonse de Fortia de Piles (1714-1801), son grand-père (Voir généalogie http://gw.geneanet.org/pierfit).
Ce vieux ronchon termine sa vie, à Sisteron. Ses enfants morts en bas âge, par lui s’éteint la lignée des Fortia de Piles.

Louis Boisgelin de Kerdu

  Pierre Marie Louis dit Louis Boisgelin de Kerdu, — on trouve aussi : Kerdru — , cadet de la noblesse bretonne né en 1758 à Plélo (22) et mort en 1816 à Pleubian (22), est reconnu comme un écrivain français.

  Il fait ses études au séminaire Saint-Sulpice puis devient chevalier de Malte en 1782. Sous-lieutenant au régiment du roi en 1784, corps qu’il a intégré en 1776, il se lie d’une étroite amitié avec le comte de Piles, duc de Fortia. Nous savons ce que doit la correspondance de Caillot Duval à cette amitié. Augustin Thierry prétend que cette correspondance fut précédée par de tapageuses escapades nocturnes.

  L’amitié de Louis pour Fortia de Piles, qui est marseillais, est probablement lié à l’implantation aixoise des Boisgelin. Jean de Dieu Boisgelin de Cucé, un cousin, est archevêque d’Aix quand le frère aîné de Louis, Gilles Dominique (1753-1794), comte de Boisgelin, se marie en 1774 avec une Aixoise, Adélaïde de Laurens de Peyrolles. La carrière militaire de ce dernier le voit promu général de brigade ; mais, en 1792, il refuse de servir dans l’armée de Luchner et est guillotiné en 1794, de même que son épouse.

  Un autre de ses frères, Thomas (1754-1792), est abbé, puis vicaire général. Il s’éprend follement d’une maîtresse de Louis XV, madame de Cavanac, ce qui lui vaut d’être « interdit d’épiscopat ». Il refuse de prêter serment à la constitution et sera victime des massacres de septembre 1792, signe d’une indéniable fragilité familiale au niveau du cou.

  Louis a aussi des sœurs : Catherine (1757-1822), demoiselle de Saint-Cyr et chanoinesse, et Emmanuelle-Jeanne et Emmanuelle Nathalie dont on ne sait rien ; enfin, un dernier frère, Toussaint-Marie, (1756-1798), capitaine de vaisseau.

  Louis est promu lieutenant en 1788. Pendant la Révolution, il quitte la France et voyage en Europe Centrale et en Russie. [Les informations biographiques trouvées sur la période 1788-1815 sont sujettes à caution] En 1793, ayant abandonné la robe de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, il reste un temps à Malte, puis il se rend à Toulon. Avec l’accord du futur Louis XVIII de Bourbon, il lève le régiment baptisé « Royal Louis ». Il est blessé au siège de Toulon. Après la victoire des armées républicaines, le « Royal Louis » se replie en Corse où le régiment est dissous, puis Boisgelin participe à la campagne de Quiberon dans les rangs de la coalition (1794-1795).

  Louis émigre ensuite en Angleterre et publie à Londres Ancient and Modern Malta (Malte ancienne et moderne) en 1804 dans lequel il dresse un tableau de l’île et retrace l’histoire de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Comme Fortia, il publie une relation de ses voyages en Danemark et en Suède, en 1810 et en langue anglaise. Il rentre en France en 1815 [Certaines sources indiquent faussement 1805] et meurt peu après. Il n’a jamais pu obtenir de Louis XVIII, pour lui comme pour les officiers et les soldats de son régiment, leurs pensions. Il légue son œuvre littéraire à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence.

  Généalogie : voir http://gw.geneanet.org/caillotduval

  Voici deux courts échanges de correspondance. Le premier concerne un ornithologue qui accueille avec son sérieux scientifique la nouvelle de l’accouplement d’une chouette et d’un loriot. Le deuxième met en scène une mère maquerelle et Caillot Duval métamorphosé en « oncle » peu scrupuleux désirant placer deux jeunes femmes en pension chez cette dernière.


À M. L’Heureux de Chanteloup

Nancy, le 13 décembre 1785

  L’excellent ouvrage que vous venez de mettre au jour, monsieur, sur le Serin et le Rossignol, m’engage à vous demander votre avis sur un phénomène dont je viens d’être témoin. Fort amateur, dès l’enfance, de tout ce qui concerne l’oisellerie, j’ai voulu tenter quelques petites expériences qui sont, comme vous savez, le seul moyen de propager la science : j’ai donc mis ensemble en cage un loriot et une chouette ; à mon grand étonnement, ces deux oiseaux se sont accouplés : il en est venu deux œufs qui, ayant été couvés par la mère, ont produit, chose étrange ! l’un un moineau à gros bec, et l’autre une pie. Le père, la mère et les enfants se portent à merveille et ne font qu’une même famille. Veuillez bien m’expliquer un événement aussi inattendu. Ne sachant point votre adresse, j’envoie ma lettre à M. Fournier, votre libraire, qui vous la fera passer. — J’ai l’honneur d’être, etc.

Caillot Duval

 


Réponse


Paris, le 19 décembre 1785

 

  Je reçois, monsieur, votre lettre. Le phénomène dont vous me parlez est en effet très extraordinaire ; mais depuis que je me suis adonné à la connaissance des oiseaux, j’ai été témoin de tant de choses surprenantes que je suis moins étonné qu’un autre de tout ce qui peut arriver dans ce genre. Obligez-moi de suivre exactement cette expérience et de m’en écrire en détails : observez surtout si les nouveaux nés ont des plumes de couleur tranchante à l’aile gauche et si la pie fait plus de bruit aux approches du père qu’à celles de la mère : dans ce dernier cas, j’ose vous assurer à l’avance que vous ne la conserverez pas jusqu’au printemps. — Mille remerciements, monsieur, de la confiance que vous voulez bien me témoigner : elle me flatte beaucoup ; je vous prie d’agréer les expressions de ma reconnaissance et de me croire bien sincèrement votre, etc.

 



 

images/Fashion


À Mme Delaunay, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris

Nancy, le 4 novembre 1785

 

  Des circonstances particulières, madame, viennent de m’amener deux nièces âgées de quinze et de dix-sept ans. La première est tout à fait neuve ; la seconde n’a eu qu’une faiblesse avec un capitaine de hussards au service de l’empereur ; cette première inconduite lui a fait perdre la tête et abandonner précipitamment la maison paternelle ; elle a persuadé sa sœur de l’accompagner ; celle-ci s’y est déterminée d’autant plus aisément qu’elle était fort gênée chez ses parents et que son cœur lui parlait déjà assez haut. Quant à moi, que différents événements ont forcé de quitter mon pays (Philippsbourg en Allemagne), je suis établi ici où j’exerce, dans le plus grand incognito, une profession qui m’est assez lucrative. Soit dit entre nous, j’ai la pratique de tout le parlement et des principaux officiers du régiment du Roi, tous riches seigneurs. Cependant, je crois que les deux personnes dont je viens de vous parler sont des morceaux trop friands pour ce pays-ci, et qui ne seraient pas payés leur valeur. Il faut vous dire qu’elles sont d’une famille honnête, et que l’on n’a rien négligé pour leur éducation ; elles ont seulement un peu de peine à parler le français. Ce serait le lot de deux princes allemands ; je suis sûr qu’elles feront la plus grande sensation dans la capitale. Quoique sœurs, elles offriront à côté l’une de l’autre le contraste le plus piquant. La jeune est d’un blond qui n’a rien de fade, la plus belle peau (comme toutes les Allemandes), les yeux bleus, la plus jolie gorge possible, et, ce qui vous étonnera peut-être, un très joli pied ; je crois qu’elle pourrait faire une charmante danseuse L’autre est une superbe femme : de grands yeux noirs, la plus belle bouche ; et, ce qui est du meilleur augure, la raie de mulet [se disait en parlant d’une nuque fort garnie de cheveux, lorsque les dernières racines paraissent former une raie du côté du dos. (Note de la 2e édition)].+

  J’espère que par vos soins, sa première et unique faute sera réparée de façon à ne laisser aucune trace. Je n’entrerai pas dans d’autres détails. Vous en jugerez vous-même.

  Je vous les enverrai comme à une de mes amies ; elles ont à peu près 60 louis d’argent comptant et sont assez bien nippées. Elles sont si neuves qu’il faudra user de beaucoup de ménagements pour ne pas les effaroucher. J’espère, madame, que notre correspondance n’en restera pas là ; nous pouvons réciproquement nous être utiles. Je compte sur votre discrétion, et j’attends votre réponse pour les faire partir. Aussi bien ai-je trouvé une voiture de renvoi ; si votre intention est, comme je le pense, qu’elles aillent à Paris, vous voudrez bien leur retenir, dans votre voisinage, un appartement décent, de trois à quatre louis par mois. — J’ai l’honneur d’être, etc.

Caillot Duval

 


Réponse


Paris, le 11 novembre 1785

 

  Monsieur, si la marchandise que vous ma noncé dans votre dairnier letre est aussi bonne que vous le dite vous pouvé les envoyé par la premier comodité je vous en débiterai. Sil i a quelque chosse dans nautre ville qui vous soit agréable, je vous prit de ne point mépargné.



 

À Mme Delaunay, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris

Nancy, le 14 novembre 1785

 

  J’ai reçu, madame, une lettre de Paris en date du 11, que je soupçonne venir de vous : on me mande d’envoyer la marchandise que j’ai annoncée ; mais comme cette lettre n’est pas signée et que ce pourrait être une supercherie, je ne crois pas devoir m’y fier ; or, avant de faire partir mes deux paquets, je désire savoir vos intentions d’une manière plus positive ; et puisque vous avez de la répugnance à signer votre nom, pour que je sache à quoi m’en tenir, il faudra signer un nom en l’air, et qui ne soit pas commun, comme, par exemple, Copernic ou Tycho Brahé.

  Répondez-moi tout de suite, car on me persécute ici, et j’ai peur qu’on ne découvre le pot aux roses : vous savez à quoi je serais exposé et vous connaissez les sollicitudes du métier. J’en ai devant les yeux un exemple terrible : c’est un malheureux jeune homme d’une famille honnête qui s’est promené hier dans les rues de cette ville, tenant en main une bride d’un nouveau genre, et qui a essuyé le châtiment accoutumé, au grand contentement de l’assemblée qui rit à ces sortes d’exécutions [Les entremetteuses étaient promenées sur un âne, le visage tourné du côté de la queue qu’elles étaient obligées de tenir en mains pour ne pas perdre l’équilibre (Note de la 2e édition)].

   Voilà les hommes : ils nous trouvent très bons pour leur être utiles, et ils nous abandonnent dans l’adversité. Quelle injustice ! Et à combien de réflexions morales cela ne porterait-il pas? Mais laissons ces idées tristes : continuons à faire le bien, à soulager l’humanité souffrante ; moquons-nous des sots et prenons leur argent. — J’ai l’honneur d’être, etc.

Caillot Duval

 


Réponse


Paris, le 21 novembre 1785.

 

  Monsieur, vous ne devé poin douté des deux paques que vous avé à envoyet avec une laitre de votre part que les deux paques me seront remis, vous pouvé aitre persuadé que je meteré toutes mes atansion que je les plaseré pas loin de ché mois, je suis ennatandans votre réponse. — Jé lhonneur d’aitre votre très humble.

de Copernic

L’essentiel des documents consultés est accessible en ligne :
— édition de 1795 :
https://archive.org/details/correspondanceph00fort
— édition de 1864 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k717864
— édition de 1901 :
https://archive.org/details/lesmystification00fort

On trouvera sur http://books.google.fr/books plusieurs ouvrages de Fortia de Piles et de Boisgelin de Kerdu. Citons :
— Correspondance de M. Mesmer sur le baquet octogone  :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67835r.r
— Journal de deux français en Allemagne, Danemarck,… :
https://books.google.fr/books?id=f20OAAAAQAAJ
— Omniana :
https://books.google.fr/books?id=1Xk5AAAAcAAJ
— Préservatif contre la biographie (1822) :
https://books.google.fr/books?id=v3UOAAAAQAAJ
— Souvenir de deux anciens militaires :
https://books.google.fr/books?id=oZa-IjiBqvMC

On y trouvera également :
— Mon agonie de trente-huit heures de Journiac de Saint-Méard :
https://books.google.fr/books?id=yJ4PAAAAQAAJ
— Histoire des mystificateurs et des mystifiés, de Paul Lacroix (1856)
(Voir chapitres consacrés à Caillot Duval (pp 21-89) et à Grimod de
la Reynière (pp 93-150)) :
https://books.google.fr/books?id=xxNBAAAAcAAJ
— Les grandes mystifications littéraires, d’Augustin Thierry (1911)
(Voir chapitre consacré à Caillot Duval (pp 85-101)) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54423726
— biographie universelle ancienne et moderne, Michaud
(Tome I, 1816 – chercher, p 383, l’article consacré à Boisgelin de Kerdu)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63178390
— biographie des hommes vivants ou histoire par ordre alphabétique
(Tome 3, 1817 – chercher, p 128, l’article consacré à Fortia de Piles) :
http://books.google.fr/books?id=yfM6AAAAcAAJ