Description
roman d’aventures
du temps des guerres de Religion et d’aujourd’hui
Un homme vient de perdre son ami.
Cinquante ans d’amitié, mais le connaissait-il vraiment ? Aussi va-t-il essayer de comprendre ce qui le reliait à un manuscrit du XVIe siècle trouvé dans des papiers de famille et dont le déchiffrement non achevé l’aura occupé plusieurs décennies.
Il découvre ainsi les lettres à son fils défunt d’un huguenot pacifique, condamné à un pèlerinage forcé à Compostelle, dans une France en pleines guerres de Religion et une Espagne alors menacée par la flotte anglaise ! À dos de mule, en compagnie d’un bénédictin peu rassuré, ce long voyage n’est pas de tout repos…
Le titre
Ces mots qui ne se peuvent dire sont souvent ceux d’une vérité tue. Pourquoi, à un moment de nos vies, renonce-t-on à parler ? Par pudeur, souvent, et ce silence est respectable. Par lâcheté, parfois. Ainsi, ce roman dresse-t-il, au gré de la narration, une sorte de catalogue de ces moments de silence. Quant à cette inversion dans la formulation – un contemporain dirait plutôt « des mots qui ne peuvent se dire » -, elle fleure bon la Renaissance, temps d’une partie du récit, et a été inspirée à l’auteur par Henri IV dans une lettre adressée à la belle Corisande d’Andoins.
La double narration
Le récit explore deux périodes ; celle d’une amitié contemporaine entre Jules, un introverti tendre, contrarié dans ses aspirations par un père autoritaire, mais tendre dans ses rapports avec ses propres enfants et dans l’expression de ses rares amitiés, et Sébastien, un libertaire jouisseur et désinvolte, plutôt content de lui, peu capable de nouer des relations affectives. Quand le premier des deux compères meurt de maladie, l’amitié du second pour le défunt pourrait cesser de fait, alors qu’elle prend au contraire, dans le souvenir et le respect de dernières volontés, une dimension inattendue.
La partie centrale nous plonge quant à elle dans la Renaissance, une période chaotique marquée par de sanglantes guerres de Religion. Le lien entre les deux périodes prend sa source dans un vieux manuscrit, dont le déchiffrement occupe successivement les deux amis, lettres d’un père à son fils défunt victime de la barbarie qui constituent, à l’évidence, « des mots qu’il ne peut dire ».
Le contenu de ce manuscrit une fois divulgué au lecteur, on retrouve notre premier narrateur, le désinvolte Sébastien, lequel se livrera à une petite enquête qui éclairera le récit du manuscrit et le reliera au temps présent.
La langue de la Renaissance
L’auteur a mis une attention particulière dans l’élaboration d’une langue inspirée de celle de la Renaissance, mais censée avoir été modernisée par les deux amis ayant opéré le déchiffrement. A de rares exceptions près, les mots et expressions propres à cette période lointaine ont été choisis pour se comprendre sans peine. Au besoin, on pourra se reporter au lexique fourni en fin d’ouvrage.
Quelques mots de l’auteur du manuscrit
Vers 1574, le dénommé Guillaume Cabriac est un tisserand de confession protestante, originaire de Marvejols en Gévaudan, terre où les communautés catholiques et protestantes sont en luttes plus ou moins ouvertes. Celui-ci choisit de s’exiler en Velay, terre catholique, où, en n’exerçant sa religion que dans la plus stricte intimité, il se pense plus en sécurité. Peu après, son fils resté en Gévaudan se fait massacrer avec le reste de la population de la ville. Pour apaiser son chagrin, Guillaume choisit alors d’écrire un journal adressé à son fils défunt. Des événements fâcheux conduisent notre homme à être condamné à la pendaison, peine commuée en pèlerinage forcé à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le manuscrit devient alors journal de voyage, et l’on suit Guillaume au gré de ses rencontres parmi lesquelles un bénédictin peu doctrinaire qui fait route avec lui dans une France à feu et à sang.
Malheureusement pour le condamné, l’Espagne est alors en guerre avec l’Angleterre, et une flotte puissante de pirates anglais menacent Compostelle…