Antoine de Tounens, Roi d’Araucanie et de Patagonie

10,00

Laurent Frontère
Editions Bretzel
32 pages
30 x 20 cm
10 euros
ISBN 978-2-9551648-4-6

UGS : 978-2-9551648-4-6 Catégories : , , ,

Description

Petite biographie non autorisée
d’un avoué périgourdin qui voulait être roi

  Antoine de Tounens (1825-1878), est un fils de paysans périgourdins que rien ne prédestinait à se faire proclamer roi d’Araucanie et de Patagonie, pays des Mapuches. Ces farouches guerriers sont connus pour avoir vaincu et mangé Incas et conquistadores. Mais ce sacre inattendu ne plut guère aux nouvelles républiques chilienne et argentine. Dans l’adversité, après avoir été à deux doigts de rendre durable sa réussite, l’intrépide aventurier ne renonça jamais à ses projets utopiques, devenus au fil des ans des tentatives désespérées.

  Cette courte biographie illustrée par l’auteur évoque de manière troublante L’homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling. À un détail près : notre personnage a bien existé et son histoire incroyable n’est pas une fiction !

Pour en savoir plus

  En 16 pages de texte accompagnées de 16 illustrations humoristiques pleine page, cet ouvrage constitue une biographie synthétique au ton décalé, mais rigoureuse quant à son contenu historique. Nous espérons que, porté par ce récit incroyable, le lecteur souhaitera en savoir davantage sur le sujet. Nous incitons celui-ci à se reporter alors à la biographie monumentale en deux tomes écrite par Jean-François Gareyte, intitulée Le rêve du sorcier et éditée par les éditions de la Lauze. L’auteur y apporte un nouvel éclairage sur le personnage, rajoutant de la cohérence et de l’opiniâtreté à l’action de cet homme hors du commun, souvent injustement moqué jusque là. On ne peut, malgré cete rigueur, échapper à la dimension puissamment romanesque de cette histoire.

– Illustrations –

  Les 32 pages de l’ouvrage alternent 16 pages de texte avec 16 illustrations pleine page, véritables tableaux mettant en scène les différents protagonistes dans des décors d’époque. Le tout est assorti de philactères au ton joyeusement décalé.

  Ces illustrations, aussi décalées soient-elles, s’attachent néanmoins à rendre compte d’une réalité historique attestée, même sous un mode parodique ou burlesque.

 Voici donc deux exemples :

 

Tounens page 13

    Ci-dessus, prompte à se gausser des ambitions d’un modeste avoué de province, la presse parisienne fait partie de ces quelques grains de sable qui ont mis à mal les projets grandioses d’Antoine de Tounens.

 

Page 17 Tounens

  Ci-dessus, l’arrestation d’Antoine de Tounens par l’armée chilienne est l’épisode le plus christique de la trajectoire du roi ll’Araucanie : trahi par son guide pour quelques 40 piastres, il est appréhendé au cours d’un véritable guet-apens…

– Incipit –
( où l’on comprend mieux le sous-titre de ce livre )

  Lorsqu’il naît le 12 mai 1825, sous le règne du rétrograde Charles X, rien ne prédispose Antoine de Tounens à un destin exceptionnel, et encore moins à un exceptionnel destin exotique. Huitième de neuf enfants d’une famille de paysans de Dordogne, que pourrait-il donc espérer ?

  Ces paysans-là sont cependant assez aisés pour rendre possible l’impensable. Avec ses trente hectares, La Chèze, la ferme familiale, est une belle demeure située dans le hameau de Chourgnac, à trois kilomètres du bourg de Tourtoirac et à une vingtaine de Périgueux.

  On assure également que, malgré des fortunes diverses, les Tounens ont des origines nobles ; le père d’Antoine aurait été surnommé « Prince », comme ses aïeux, gage d’une trajectoire glorieuse pour ses enfants les plus entreprenants.
Dix-sept ans plus tôt, un premier Antoine est né, et pour faciliter les choses, le nôtre est appelé Orllie-Antoine. Cette incongruité dérivée du prénom d’Orélie est imprononçable en espagnol avec son « r » et son double « l ».

  Arrivent les Trois glorieuses et l’avènement du libéral Louis-Philippe. En Dordogne, l’année 1838 est secouée par une jacquerie, la Guerre des bancs : ces bancs sont ceux, nouvellement installés dans l’église de Hautefort, et réservés aux seuls bourgeois et nobles, provocation dans un pays épris de liberté.

  Le jeune Antoine suit des études primaires, à Tourtoirac, qu’il poursuit par des études secondaires au collège royal de Périgueux. Fait alors exceptionnel pour un fils de paysan : il obtient le baccalauréat en 1846…